De Grenoble à Sarajevo : La France balkanisée
Categorie(s) : coup de gueule, La vie sous l'occupation, Politique, par M@quisard
Je suis en Bosnie depuis plusieurs semaines. La Bosnie est un pays qui parle inconsciemment aux gens : guerre, crimes « contre l’humanité », sang, émeutes, Serbes, Musulmans… Oui, ce pays bénéficie d’une image peu recommandable et fortement dépréciée. La Bosnie a souvent fait la « Une » de l’actualité au gré des évènements tragiques qui s’y déroulaient. Il était alors facile depuis Paris de critiquer les actes et décisions politiques de chaque camp durant le conflit interreligieux (1) des années 90. Chaque intellectuel et expert autoproclamé y allait de sa petite note pour distribuer les bons et les mauvais points, pour expliquer au monde qui étaient les gentils et qui étaient les méchants. Une telle empathie pour le petit peuple bosniaque, belligérant d’un conflit régional, pouvait rassurer les Français. Si ils (les médias, les politiques…) analysaient avec tant de lucidité les dérives de ce peuple lointain dont nous ignorions jusqu’à l’existence, alors nous Français, pouvions être sûr que jamais pareille tragédie ne se déroulerait chez nous : nos élites bienveillantes sauraient assurément nous éviter les pièges qui avaient précipité les « pauvres Bosniaques » dans l’horreur.
Mais voilà, la roue du temps tourne. 15 ans plus tard, c’est désormais la France qui fait la « Une » de l’actualité …en Bosnie ! C’est avec surprise que j’ai découvert dans les journaux bosniens : « Pobuna u Grenoblu» (« émeute à Grenoble ») tandis que tous les habitants locaux s’empressaient de me questionner sur la situation de ma ville natale. Depuis deux nuits, une Guérilla urbaine s’y déroule.
Voitures incendiées, magasins détruits, affrontements avec la police, tout cela est devenu fort banal dans la France de 2010. Si les émeutes de 2005 ont choqué les Français par leur violence, celles qui ont suivi ont eu un impact psychologique moindre. L’Homme est une espèce qui s’habitue à tout, même au pire. Les émeutes de Grenoble provoquent cependant un malaise dans la population française. Ce n’est pas tant le bilan matériel qui surprend, c’est le déroulement de l’émeute ainsi que les discours tenus par les émeutiers qui choque.
La cause de l’émeute est somme toute banale : un braqueur (Karim Boudada) tire à l’arme automatique sur des policiers à la suite d’un braquage, il en blesse légèrement un, les policiers répliquent et Karim meurt d’une balle en pleine tête. Nous pouvons saluer ici le courage et la précision du policier qui en sauvant sa vie en état de légitime défense a également sauvé celle de ses collègues. Le respect que nous lui témoignons ici sera sans doute le seul dont il bénéficiera, un policier décoré n’étant bien souvent qu’un policier mort. La suite des évènements est symptomatique d’une société malade en état de pré-guerre civile. Une cinquantaine d’amis ou de connaissances de la victime se réunissent dans un parc pour assister à une prière mortuaire récitée par un imam. C’est à la suite de cette prière musulmane que les choses dégénèrent. Les traditionnels feux de voitures laissent place à une attaque organisée de tramway : feu de broussaille en amont et en aval du tram pour le bloquer, irruption dans les rames de 30 « jeunes » armés de battes de base-ball qui font descendre tout le monde avant que la police n’arrive et qu’un affrontement ne débute… La nuit ne fait que commencer ! Des groupes organisés se forment et attaquent les policiers qui essuient de nombreux coups de feu, dont certains sont tirés avec des armes de guerre… Pour la première fois lors d’émeutes en France, les policiers sont obligés de répliquer avec des balles réelles afin de se protéger. C’est un miracle qu’aucun mort supplémentaire ne soit à déplorer.
Hier au soir, selon les médias, « la situation était revenue à la normale après les manifestations de la veille» et « les jeunes étaient très très (2) calmes », « mis à part quelques jets de pierres et de bouteilles », « seulement 15 voitures ont été incendiées »… Le discours médiatique ambiant est consternant et ces journalistes ne manquent pas de toupet ! En plus d’avoir galvaudé le terme « jeune » et celui de « manifestant » pour désigner des « extra-européens » et des « miliciens » (litt. : troupe armée non officielle), voilà que même les notions de « paix » et de « calme » s’en trouvent changées. Le sens donné aux mots est bien sûr relatif et dépend intimement de la culture des peuples, mais qui aurait dit que la notion « d’état de paix » aurait pu changer en seulement 5 ans en France? L’apport culturel de l’immigration est bien, dans ce cas précis, incommensurable !
Supposons que cette guérilla s’arrête dès ce soir. Il n’y aura eu au final aucun mort, seulement des blessés et des dégâts matériels. «Bilan matériel d’une manifestation qui a dégénérée » pourront titrer les « gros »(3) journaux. Pourtant ces évènements ont quelque chose d’exceptionnel en ce sens qu’ils témoignent d’un tournant historique qui se déroule en France. Le discours des miliciens était teinté de haine et de racisme. Un policier témoigne : « « Les jeunes m’ont dit : vous avez tué un des nôtres. De toutes les manières, vous êtes une sale race, on va vous tuer aussi », « Tout ce qui est européen, on va tirer dessus » dit-il avoir également entendu. Ces propos n’expriment pas des « problèmes sociaux-économiques », schéma explicatif que reprendront les bien pensants du système pour excuser cette violence qu’ils sont incapables d’analyser selon les critères pertinents du 21ème siècle : la religion et l’ethnie, mais bien une haine insupportable se basant sur la couleur de la peau et l’assimilation de la police républicaine aux Blancs en général. Nous n’avons également pas à faire à une minorité de « voyou » mais à une minorité tout court qui reste unie et soudée derrière ses miliciens. « Au passage des CRS, une femme âgée leur crie : « Rentrez chez vous ! ». « Les flics, quand on en a besoin, ils sont jamais là, zéro. Et quand on n’ en a pas besoin, ils viennent. C’est à cause d’eux tout ça », accuse une jeune femme en djellaba bleue. Toutes les mamans, elles sont venues et elles ont vu le corps par terre. Qu’est-ce que ça veut dire tout ça ? Les enfants sont choqués. « Les flics sont des chiens » , ajoute une trentenaire portant le voile intégral. »(4)
Je regarde également avec consternation l’incapacité de la république française à rétablir l’ordre. Brice Hortefeux a besoin d’envoyer l’élite de la police française (RAID et GIPN) en renfort pour calmer une cinquantaine d’émeutiers qui agissent dans un quartier… Mais qu’aurait fait monsieur Hortefeux s’il avait dû faire face à l’UCK ou aux milices musulmanes de Bosnie ? Que fera-t-il lorsque ce ne sera plus une mais dix ou cent cités françaises qui s’embraseront simultanément ? Les politiciens qui hier ont condamné les forces paramilitaires serbes du Kosovo et de Bosnie qui protégeaient les leurs des Musulmans sont en train de créer toutes les conditions pour qu’apparaissent en France des « contre-milices ». Car parlons sans détours : faudra-t-il qu’un jour le peuple français (ou « gaulois », le mot français ayant été lui aussi galvaudé) se protège lui-même de ceux qui veulent « tirer sur les Européens », puisque l’Etat n’est pas capable de le faire ?
Nos politiciens ne font cependant aucune erreur, car pour se tromper il faut agir. Eux ne font rien. Milosevic le damné s’est souvent trompé, mais il a agi, et pour cela il est encore respecté dans son pays à défaut d’être aimé. De la même façon, les donneurs de leçons d’hier se taisent aujourd’hui. Il était simple, hier, de jacasser sur une situation inconnue en restant bien au chaud à des milliers de kilomètres de la guerre, il est plus compliqué aujourd’hui de faire face à un conflit inévitable qui se dessine en bas de chez soi.
Les rues enflammées de Grenoble et son tramway attaqués sont non loin du lieu où j’ai grandi. J’écris actuellement ces lignes à côté d’une mosquée wahhabite financée par les pays arabes. Je ne suis pas un grand intellectuel, ni un philosophe, ni un diplômé de l’ENA, mais à la différence des précités je vis dans l’Europe réelle. Ce que j’entends de la bouche de mes amis qui vivent à la Villeneuve (5) m’en apprend plus sur la réalité de mon pays que les « actus » télé. Une discussion au café, entre deux appels du muezzin, avec un réfugié de Bosnie m’en apprend plus sur l’avenir de mon continent qu’une analyse géopolitique. De ces deux cas je ne tire qu’une seule conclusion : il faut agir, et vite. A la différence de ceux qui balancent mots et concepts comme on jette des confettis, j’ai pu découvrir au Kosovo ou en Bosnie les conséquences de toutes leurs inepties. Je ne souhaite pas que cela se reproduise en Europe et particulièrement dans ma patrie charnelle. Il faut prendre acte de ce qu’il se passe à Grenoble et nommer les choses telles qu’elles sont. Nous avons à faire à un conflit entre une minorité musulmane majoritairement issue du Maghreb et un Etat corrompu jusqu’à la moelle qui se voudrait multiethnique mais qui n’est que multi raciste. Ce dernier ne représente en rien l’intérêt des Français et il serait prêt à tous les compromis pour acheter quelques mois de paix (relative) même si cela doit se faire au détriment de notre peuple. Lafontaine nous a appris que la loi du plus fort est toujours la meilleure et nous découvrons chaque jour cette triste réalité. A nous donc de devenir les plus forts !
Je ne doute pas de la capacité des Européens à se réveiller. Non, ce qui m’inquiète c’est la façon dont nous serons traités lorsque nous nous réveillerons. Serons-nous les Serbes du 21 ème siècle, éternels coupables de tous les maux ? Le nouvel ordre mondial qui découlera de l’explosion des sociétés multiraciales aura-t-il intérêt à nous soutenir nous, eux, ou tout simplement à maintenir un état de trouble permanent (comme c’est le cas dans les Balkans) ? A vrai dire peu importe. Un peuple qui lutte ne meurt jamais même si ses souffrances sont énormes, l’histoire reprend toujours son cours. Ce qui paraît clair aux yeux de tous désormais c’est que la société qui arrive sera violente. Et comme me le disait très justement un réfugié de Knin « nous nous avons eu la Serbie pour nous réfugier, vous vous n’aurez nulle part où aller, vous n’aurez pas d’autre choix que de rester et de tenir !». Alors pensons à ces Européens dont personne ne parle, à ceux qui tiennent ce soir dans des cités françaises tels des Serbes enclavés au Kosovo.
Arnaud Borella-Gouillon
(1) On entend souvent parler de « conflits interethniques » pour la Bosnie. Ce terme est cependant mal adapté, l’ethnie des Serbes et des Musulmans (et des Croates) étant la même. Seul la culture et la religion les différencient.
(2) Vous remarquerez que l’adverbe « très » est désormais systématiquement doublé dans la langue française. Très très bien, très très beau…
(3) : le « gros » journal est un journal normal qui s’alimente en mauvais articles. La malbouffe journalistique est partout, prenez garde !
(4) : source : LCI
(5) : le quartier où se déroule la guérilla




























Le 19 juillet 2010 à 17 h 06 min
Certes, je prefere les braqueurs aux pretres pedophiles!!!
Pauvre type…
Le 20 juillet 2010 à 6 h 41 min
Pour AlexandreCorenc38
Et tu préfères aussi le CORAN qui permet de prendre « femme » dès que la fillette atteint l’âge de 8 ans… Si ça ce n’est pas de la pédophilie légalisée….
Mais là grand silence de la presse et des féministes !
Le 27 juillet 2010 à 12 h 22 min
[...] Source : Maquisards, les résistants identitaires du Dauphiné [...]
Le 11 août 2010 à 17 h 43 min
[...] Putain cette fois c’est bon, c’est la guerre civile ! [...]
Le 12 octobre 2010 à 6 h 48 min
[...] de suspects dans des affaires de stupéfiants. Cette opération visait également la cité de la Villeneuve, théâtre de violences d’une façon récurrente. Un homme aurait été appréhendé devant [...]