L’embrouille … (2)
Categorie(s) : La vie sous l'occupation, Politique, Une autre jeunesse, par M@quisard

Les embrouilles de première catégorie
Les embrouilles de première catégorie sont destinées à se transformer très rapidement en vol, le cas échéant accompagné d’une agression physique. Ce premier type d’embrouille se déroule seulement lorsque le contexte est favorable : agresseurs en nombre supérieur à celui des embrouillés ; lieu isolé ; heure tardive. Dans ce premier cas de figure, l’embrouille est seulement destinée à donner aux embrouilleurs, avant d’en venir au stade de l’agression franche, la possibilité de mieux apprécier la situation, de jauger la réaction de la victime, de vérifier que le secteur est suffisamment calme. On passe alors sans délai à la deuxième phase, le vol, accompagné de coups si la victime se prend à résister.
Notons que certaines de ces embrouilles du premier type sont motivées par une volonté d’agression physique gratuite, le vol, qui tout de même intervient généralement ensuite, bien sûr, n’étant alors qu’une cause accessoire. Ces variantes d’embrouilles de catégorie 1 s’engagent, elles, d’emblée sur le mode de la provocation claire : « Viens, on fait une fight » ; « Viens, on fait un one one » (traduction : Viens te battre).
Dans ce cas de ces embrouilles de type 1 bis, la scène est généralement filmée par un cinéaste amateur, à l’aide d’un téléphone portable équipé d’une caméra intégrée (selon la technique dite du « happy slapping »). Les meilleurs plans séquences seront ensuite être placés sur les sites préférés des « lascars » visibles sur internet.
Il existe un deuxième type d’embrouille, plus délicat à analyser pour le sociologue amateur (les sociologues professionnels, eux, ne savent pas que l’embrouille existe).
Les embrouilles de seconde catégorie
Le deuxième type d’embrouille n’est pas destiné, lui, à voler la victime ni à l’agresser physiquement. Dès lors, l’embrouille de seconde catégorie s’opère généralement dans un contexte très différent de celui dans lequel l’embrouille de type 1 peut être menée à bien. La chose se déroule en effet en plein jour, parmi la foule, dans la rue, dans le métro. Les embrouilleurs ne sont pas nécessairement en supériorité numérique. L’embrouilleur aguerri peut même être seul et engager pourtant l’embrouille avec un groupe de victimes. Le jeu est en effet tout différent de celui auquel se livrent les auteurs d’embrouille de première catégorie. La première catégorie d’embrouille est plus engagée physiquement, plus sportive, plus spectaculaire : la seconde fait appel à des méthodes plus nuancées, plus subtiles, plus élaborées. Elle n’en est pas moins gratifiante elle-aussi pour l’embrouilleur.
L’embrouille de seconde catégorie peut se définir de la façon suivante : il s’agit de placer l’embrouillé dans une position gênante dans laquelle il va subir une pression et une intimidation, tout en entretenant l’ambiguïté sur la nature véritable de la situation. L’embrouillé a alors le choix entre deux façon de réagir : céder à la pression ou bien se braquer. Ces deux réactions possibles auront malheureusement le même effet : elles aggraveront encore la situation pénible et dévalorisante dans laquelle l’embrouille a placé la victime.
Exemple : « Il est géant, ton portable, tu me le montres » ; « Tu me prêtes ton portable, y faut que j’appelle quelqu’un » ou encore « T’a pas une cigarette ». L’embrouille de deuxième type est engagée. Deux scénarios sont possibles ensuite, tous deux défavorables à l’embrouillé…
(la suite au prochain numéro…)





















