L’embrouille … -fin-
Categorie(s) : La vie sous l'occupation, Politique, Une autre jeunesse, par M@quisard
L’entourage
La scène, on s’en souvient, c’est l’une des caractéristiques de l’embrouille de deuxième type, se déroule en public. Il y a de nombreux témoins. Il est à préciser à ce propos que l’embrouilleur n’a nullement pour objectif d’aboutir à ce que les spectateurs croient à son petit jeu. Personne n’est dupe généralement, et chacun sait bien qui sont les provocateurs. Le but est cependant pleinement atteint. La ou les victimes de l’embrouille ont été humiliées. Et la foule gênée, qui s’efforce de regarder ailleurs et qui n’intervient pas, ressent, elle aussi, de son inaction même, une violente humiliation.
Car personne n’ose intervenir. Ce qui est au demeurant tout à fait normal : il est tout simplement impossible aux passants d’intervenir. D’abord parce que la plupart des gens de la rue n’ont, pas plus que les embrouillés, l’habitude des rapports de force. Ensuite parce que les spectateurs de la scène ne sont pas absolument sûrs de ce qui s’est passé. Ils peuvent se dire que « le jeune » qui insulte, en se posant en victime du racisme, a peut-être été lui-même victime d’une insulte préalable. Si la foule ne peut pas intervenir, c’est aussi parce qu’elle sait qu’il existe immanquablement en son sein un certain nombre de « cousins » costauds et chatouilleux (et peut-être armés), susceptibles de prendre si nécessaire parti pour l’insulteur.
Dans le cas où la police serait sur les lieux, il ne se passerait rien non plus, cela va sans dire. Il n’y a pas eu de coups échangés. Juste des insultes. Rien de grave. Circulez. Allons circulez. Le risque pour les embrouilleurs est donc nul. (Précisons que, pourtant, injures et menaces constituent des délits, en principe pénalement punissables).
Précisons également que, bien entendu, les embrouilleurs choisissent leurs victimes, et ne s’attaquent qu’à des personnes dont ils pensent ne rien avoir à craindre.
Lorsque les victimes sont des filles, le jeu est le même ; mais il peut aussi être agrémenté par des commentaires sexuels, voire par des esquisses d’attouchements, qui vont gêner la victime sans la contraindre absolument à se rebeller. Si la rébellion survient, la suite sera la même que celle exposée plus haut, à quelques variantes près adaptées au sexe de la victime : « Sale raciste ; Sale fasciste ; Sale pute ; Va te faire niquer ; Sur le Coran de la Mecque va te faire enculer, etc, etc ».
Conclusion :
Toutes ces subtiles distinctions ayant été faites et la nomenclature relative à l’embrouille détaillée, les différentes catégories d’embrouille et les différents scénarios possibles aboutissent tous au même résultat.
Du point de vue de la victime, le sentiment d’humiliation sera le plus souvent violent. L’embrouillé sera avant tout dégoûté de lui-même : dégoûté d’avoir été insulté et menacé en public ; dégoûté de ne pas avoir su réagir et se rebeller ; dégoûté d’avoir eu peur à ce point. L’humiliation sera encore plus douloureuse et durable si l’embrouillé était un garçon accompagné de sa copine, devant laquelle il se sera montré faible et dominé.
Du point de vue des embrouilleurs, le but est atteint dans tous les cas. Faire peur. Humilier. Humilier les céfrans, les bouffons, les bolos et les gaulois. Leur faire perdre le peu de confiance en eux-mêmes qu’ils possèdent encore. Leur montrer qui sont désormais les maîtres…




























